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Bio express

Age : 23 ans 

Emploi : Doctorant en chimie

Ville : Beer Sheva

Dénomination : Latin

Habib

"La religion devient moins importante que la technologie dans nos vie”

Diriez-vous que vous êtes proche de l'Église ?

Oui. J'ai la foi, en Jésus, en l'Église. J'essaie d'être aussi impliqué et utile que possible dans la communauté chrétienne de Beer Sheva. Chaque fois que le père Piotr, notre curé, m'appelle, je suis là pour l'aider en cinq minutes. J'aide également les groupes de jeunes, et partout où l'on a besoin de moi.  J'ai également grandi dans une famille très religieuse. Mes parents viennent de Fasuta, l'un des deux seuls villages 100% chrétiens du nord d'Israël. Ils sont venus à Beer Sheva il y a 20 ans parce qu'il y avait plus de travail par ici. Mon père est employé par ICL, une entreprise chimique qui exploite les minéraux de la mer Morte, et ma mère est professeur de mathématiques dans une école arabe d'une ville voisine. À Beer Sheva, il y a beaucoup de familles arabes chrétiennes comme la mienne, mais la plupart d'entre elles ne vont pas à l'église. Je suis dans cette paroisse depuis l'âge de 7 ans. J'ai presque grandi ici. Je me sens connectée à Jésus ici, alors je continue à venir. 

 

Pourquoi est-ce si important pour vous de vous engager ?

Parce que je peux le faire. Si quelqu’un me le demande et que je suis disponible et capable d'aider, je le ferai. C’est l'esprit de l'Eglise.

 

Vous sentez-vous plus proche de la communauté arabophone ou de la communauté hébréophone ?

Je connais beaucoup mieux la messe en hébreu que la messe en arabe à laquelle j'assiste lorsque je retourne dans le village de ma famille, dans le Nord, pendant les vacances comme Pâques. Je ne sais pas vraiment lire l'arabe alors je suis la messe en écoutant. Parfois, je ne connais pas non plus les prières, car je les ai apprises en hébreu. Comme Fasuta est une ville habitée uniquement par des melkites, nous ne suivons pas le rite latin, auquel je suis habituée à Beer Sheva. 

 

Avez-vous l'impression que l'Eglise s'intéresse à vos problèmes, qu'elle s’adresse à vous ?

Je n'ai pas beaucoup de problèmes. C'est une petite communauté ici. On s’entraide mutuellement. Comme dans une famille. Notre prêtre a beaucoup aidé à créer cette atmosphère qui nous lie, même après la messe.

 

Y a-t-il quelque chose qui vous dérange dans l'Eglise ?

Je ne pense pas que l'Eglise ait des problèmes. Je vois qu'elle essaie d'évoluer avec le 21ème siècle et la société. Ce que j'observe, c'est qu'il est difficile de garder les gens dans la foi de nos jours. Pour la plupart d'entre eux, il est plus facile de vivre sans l'Église et sans Jésus dans leur vie. Je ne sais pas si c'est la faute de l'Église ou si c'est simplement la façon dont la société évolue. La religion devient moins importante que la technologie, la science et nous-mêmes... Je pense que l'Église doit trouver un moyen d'atteindre ces personnes, mais je ne pense pas que cela soit lié à un problème au sein même de l'Église. 

 

Quel serait votre rêve pour l'Église ?

Si je regarde mon église, à Beer Sheva, j'ai vraiment l'impression que nous sommes comme Jésus nous a appris à être : s'entraider, être ensemble. Chaque fois qu'une nouvelle personne arrive, nous essayons de faire en sorte qu'elle se sente la bienvenue. Nous sommes une communauté petite et unique à la fois. Cela nous aide à rester unis. Je sais que je peux prier avec eux en hébreu, et ce n'est pas quelque chose que je peux faire avec tout le monde.

Propos recueillis par Cécile Lemoine