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Bio express

Âge : 49 ans

Profession : Femme de ménage

Ville : Tel Aviv

Rite : Catholique latin

Bhea

"Nous sommes tous Catholiques, mais ici il y a une différence"

Êtes-vous impliquée dans l'Église ?

Je suis arrivée des Philippines en Israël en 2000 comme aide-soignante. Je suis la plus jeune d'une famille de 9 enfants. Mes parents étaient dans l'agriculture et comme nous ne faisions pas partie des familles les plus riches, il n'y avait pas d'autre solution que de chercher un emploi à l'étranger. Je me suis occupée d'une vieille dame à Tel Aviv pendant 3 ans, mais c'était l'enfer. Quand je l'ai quittée, elle ne m'a pas donné de document de décharge donc je n'ai pas pu trouver un travail légal. Je suis restée sans papiers jusqu'en 2014. C'était des jours difficiles. J'ai beaucoup prié et quand la situation s’est enfin arrangée, j’ai voulu donner de mon temps à l'Église. Le centre Notre-Dame-Femme-des-Valeurs, dédié à la communauté des migrants, a ouvert en 2009 et j’y ai tout de suite proposé mon aide. J'ai pris en charge les conférences, toute la logistique... Et maintenant je suis en charge du catéchisme. Nous avons construit le centre communautaire à partir de rien. S’engager était important pour moi. Quand on est à l’étranger, l’Eglise permet de se sentir un peu chez soi.

 

Avez-vous le sentiment de faire partie de l'Église de Terre Sainte ?

Je pense que oui. Ce n'est pas comme aux Philippines où j'ai le sentiment d'appartenir à 100% à l’Eglise. Ici, ce n’est pas à 100%, mais elle fait partie de moi. Nous organisons des camps d'été à Deir Rafat, mais nous ne rencontrons pas la communauté arabe. Nous sommes tous Catholiques, mais ici il y a une différence. C'est normal, nous faisons avec et nous comprenons les différences. 

 

Est-ce que quelque chose vous dérange dans le fonctionnement de l'Église ?

Quand la religion se mélange à la politique. Les gens font confiance aux prêtres et ils croient ce qu'ils disent, mais ils sont censés enseigner la manière dont la religion doit être, pas la politique.

 

Avez-vous un rêve pour l'Église ?

Qu'elle devienne unie. Nous n'avons qu'un seul Dieu mais tant d'enseignements différents. C'est difficile, mais nous devons prier pour cela.

Propos recueillis par Cécile Lemoine