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Bio express

Age : 24 ans

Profession : journaliste

Ville : Jérusalem 

Rite : Catholique latin

Rafi

"La jeunesse est le présent de cette terre. Pas son futur"

Comment êtes-vous impliqué dans l'église ?

 

J'ai été nommé secrétaire général de Youth of Jesus Homeland, une organisation qui œuvre pour la jeunesse chrétienne de Palestinepour 3 ans en 2019. Mais j'ai commencé mon service dans l'église il y a plus longtemps. À 12 ans, je suis allé voir mon prêtre en lui disant : "Abuna, pourquoi l'école primaire et l'université ont un groupe de jeunes et pas nous ?" Il m'a répondu de me lancer, et j'ai crée un groupe avec 25 personnes de mon âge.

Est-ce quelque chose d'important ?

 

C'est important de s'impliquer. La jeunesse est le présent de cette terre. Pas son avenir. Les jeunes décident aujourd'hui du futur de ce pays : et cela passe par des décisions comme rester ou partir.  S'il ne tient qu'à nous de rester, les institutions comme l'Eglise ont aussi leur rôle à jouer. Plutôt que de distribuer de l'argent, chose que je respecte, l'Eglise devrait les clés pour construire notre futur. Cela pourrait par exemple passer par rendre les écoles chrétiennes, très chères actuellement, gratuites pour les élèves chrétiens.

L'Eglise doit-elle évoluer ? 

 

L'Eglise doit commencer à écouter les jeunes, à travailler avec nous, à nous accorder sa confiance ; et arrêter de donner tout le pouvoir aux prêtres, ou aux personnes âgées. Si rien n'est fait et si l'église reste la même, nous serons la dernière génération chrétienne à vivre ici. A l'intérieur de l'église, dire que vous êtes du côté des jeunes est une façon de gagner le soutien des gens. Presque comme quand les leaders arabes au Moyen-Orient, disent qu'ils vont libérer la Palestine. Mais ce ne sont que des mots. Les faits sont dans nos églises : où est la jeunesse ? Aujourd'hui, l'Eglise ne parvient pas à parler aux jeunes, car elle ne nous laisse pas en faire partie. Organiser des activités à Noël n'est pas suffisant. Nous devrions être inclus dans le processus de décision. 

De quoi rêvez-vous pour l'église ?

 

Il y a trois ans, j'étais à Ramallah pour ma nomination au poste de secrétaire général, et j'ai dit que je rêvais qu'un jour, tous les chrétiens du pays de Jésus, les gens de Cisjordanie, de Galilée, de Jérusalem, de la bande de Gaza, puissent se rassembler pour le festival du Christ Roi que nous organisons chaque année. En raison de l'occupation israélienne, c'est presque impossible. Cette année, pour une raison que j'ignore, les jeunes de Galilée ont pu se rendre à Bethléem. J'espère qu'un jour, cette terre redeviendra une.

Propos recueillis par Cécile Lemoine